mercredi 11 mars 2015

Cynthia va à la ferme Aux Saveurs des Monts



La ferme Aux Saveurs des Monts (SDM) produit des poulets et des dindes à Val-des-Monts. Certains produits de la ferme SDM se retrouvent au supermarché. Toutefois, Sylvain Bertrand, propriétaire, tenait mordicus à être producteur au Marché de solidarité régionale de l'Outaouais. De cette manière, il peut offrir une plus grande variété de produits transformés et cuisinés à ses clients. Voici un résumé de ma rencontre avec lui.


Les poules de Sylvain

Lorsque j’ai su que des petits poussins allaient être livrés à la ferme Aux Saveurs des Monts, j’ai immédiatement eu un éclair de génie : voilà une excellente opportunité pour aller à la ferme!

Toujours aussi généreux de son temps et de son savoir-faire, Sylvain Bertrand, propriétaire de la ferme, m’a fait faire une visite guidée des lieux. Il a répondu à TOUTES mes questions et Dieu sait à quel point je suis curieuse, car la visite a duré près d’une heure…

Le club Med des poulets


Qui n’a jamais vu les vidéos publiées sur le web montrant des fermes industrielles où l’on élève des animaux dans des conditions abominables? Choquée, dégoûtée et traumatisée, je boycottais depuis les viandes vendues aux supermarchés… J’étais devenue végétarienne par refus d’encourager de telles pratiques d’élevage! C’est avec joie que je peux affirmer qu’une priorité chez Aux Saveurs des Monts est le bien-être et le respect des animaux.

Le secret de cette entreprise pour obtenir une viande naturelle et non grasse est l’élevage non intensif. Cela signifie qu’aucun produit de croissance ou de sous-produit animaln’est ajouté à la nourriture des animaux.

Par exemple, un poulet élevé en production industrielle se retrouvera au supermarché entre 32 et 34 jours après sa naissance, contrairement à un délai de 8 à 10 semaines chez SDM. De plus, l’espace permet aux poulets de prendre leur aise, peu importe leur poids, car l’entassement est quasi nul! C’est la belle vie de poulet chez SDM : eau et bouffe à volonté! Pas besoin de compter les calories (les chanceux!!!). On pourrait presque dire que les poulets sont comme dans un hôtel tropical tout inclus! En effet, je me suis vraiment sentie comme si j’étais à Cuba lorsque nous sommes entrés dans la première section du poulailler, où la température ambiante est de 32°Celsius, pour aller à la rencontre de 2 500 poussins!


Pitpitpit X 2500 ! 0-4 semaines

Je me demande lequel va finir dans mon assiette ???

Surnommée la pouponnière, cette section est chauffée à bloc 3 jours avant l’arrivée des poussins pour les accueillir dans des conditions optimales et ainsi éviter que ces derniers soient malades. Tout doit être parfait à leur arrivée. Lors de ma visite, la place était impeccable! Les poussins, éclos la veille, ont 3 jours pour devenir 100 % autonomes, donc il faut les stimuler avec une luminosité complète. Pour les aider, il y a de la nourriture et des abreuvoirs un peu partout dans la pièce. Après les 3 jours, la lumière du jour est reproduite avec une horloge mécanique programmée à 17 heures de clarté contre 7 heures de noirceur. C’est comme pour la majorité des humains, même si personnellement je préfère des nuits de 1o heures! :)




Il y a de la nourriture et de l'eau fraîche partout dans la pièce pour aider les poussins à devenir 100 % autonome





Je vous laisse regarder la vidéo suivante pour écouter Sylvain nous éduquer sur les poussins. L’image est sautillante, car je voulais TOUT vous montrer et ce n’est pas évident avec un téléphone intelligent. Je vais perfectionner ma main de caméraman lors des prochains « tournages »! On rencontre aussi Samuel, le fils de Sylvain Bertrand. 








Les adolescents 4 à 8 semaines

Les poussins sont âgés de 4 semaines lorsqu’ils sont transférés à la section des adolescents du poulailler. Du duvet sur les ailes, des plumes sur le dos et rien du tous à certains endroits… bref ce sont des jeunes en pleine transformation!  Ils étaient calmes lorsque nous sommes arrivés. Dans le but de prendre quelques photos, Sylvain a augmenté l’intensité des lumières et j’ai rapidement compris pourquoi l’ambiance était feutrée au départ! Comparable à une cour d’école remplie de petits gars, les combats de coqs au poulailler ne sont pas des légendes… Hors de ma zone de confort, j’étais un peu anxieuse lorsque j’ai senti l’énergie des poulets augmenter… Heureusement que j’étais en bonne compagnie! Le producteur connaît bien son métier, car à peine la luminosité rétablie au bon niveau, les poulets étaient déjà calmés. 

Ils auront 8 à 10 semaines avant de se retrouver dans notre assiette.


Encore une fois, la qualité de l’image est loin d’être parfaite sur la prochaine vidéo, mais cela vous donne une bonne idée de la section des adolescents. 









Le mot d’ordre pour ne pas avoir recours aux antibiotiques : la prévention.

Il n’y a pas de secret pour réussir la production de volaille sans antibiotique : il faut prévenir tout risque de maladie. À tous les lots, le poulailler est nettoyé au peigne fin avec une laveuse à pression et du désinfectant. Il ne doit rester aucune trace de souillure pour éviter la transmission de pathogènes et ainsi de maladies. De plus, la qualité de l’air doit être parfaite et pour y parvenir de gros ventilateurs fonctionnent 24 heures par jour. Une génératrice est obligatoire par la loi pour subvenir aux besoins de ventilation et de chauffage des poulets au cas où une panne de courant affecterait la ferme.



Pourquoi élever les poulets à l’intérieur ?

Comparativement au travail des producteurs laitiers ou des cultivateurs, élever des poulets demande moins de travail physique, mais requiert une observation serrée, car ceux-ci sont sensibles à différents facteurs comme la température et les prédateurs extérieurs.  C’est bien connu, le Québec est réputé pour vivre des températures extrêmes allant du négatif au positif. Pour assurer le confort des animaux, le poulailler est chauffé au propane durant l’hiver à de 32 à 18 degrés Celsius. Aussi,comme chez les humains, rares sont ceux qui aiment s’exposer au soleil lorsque c’est la canicule. Il est plus facile d’assurer un meilleur confort des poulets à l’intérieur, avec un bon système de chauffage et de ventilation accompagné d’un brumisateur d’air pour rafraîchir les animaux.



Avez-vous visité une ferme dans les 14 derniers jours: oui!

Suite à la pression des consommateurs et de l’industrie, les éleveurs de volaille du Québec on mit sur pied un protocole basé sur les bonnes pratiques : le Programme de soins aux animaux. Le programme est obligatoire et l’objectif est de répondre aux préoccupations des consommateurs et de l’industrie avec transparence et cela est basé sur une certification de conformité par le biais d’audits à la ferme. C’est totalement dans l’intérêt des éleveurs de donner des soins de qualité en fournissant des conditions d’élevage salubres et sécuritaires, car un oiseau malade ne peut être commercialisé. Une fois par année, un auditeur vient vérifier que tout est conforme et si les normes ne sont pas respectées, le fermier peut perdre son droit de produire de la volaille.



Sylvain et son équipe doivent tout documenter allant de la date de sortie du fumier jusqu’à la température extérieure lorsqu’ils déménagent les oiseaux de section ainsi qu’un registre des visiteurs. J’ai signé le registre! Je suis maintenant obligée de répondre « Oui! » à la question posée à la douane : « Avez-vous visité une ferme dans les 14 derniers jours? ».



Le meilleur des pratiques de production du conventionnel et du biologique

Il y a 800 éleveurs de poulet au Québec. En moyenne, ils produisent chacun 300 000 poulets par année comparativement à 30 000 à la ferme Aux Saveurs des Monts.

Les poulets de SDM sont végétariens, mais la ferme n’est pas certifiée biologique, car les céréales requises pour atteindre ce statut sont très coûteuses. Sylvain veut offrir aux consommateurs un produit de haute qualité à un prix raisonnable en proposant une alternative à la production industrielle et à la production biologique.  Il y a de bons outils dans le coffre de l’élevage conventionnel ce qui permet à SDM d’améliorer son efficacité et de mieux contrôler les coûts d’élevage. Par exemple, au lieu de nourrir les animaux à la main, il y a mécanisation de l’alimentation et de l’approvisionnement en eau. Par contre, il n’est pas question de faire de compromis sur le bien-être des animaux avec la densité d’élevage ou sur ce que les poulets mangent : pas de facteur de croissance, pas d’antibiotique ni de sous-produit animal. Le défi est de contrôler les coûts de production pour offrir un prix abordable aux consommateurs.

Des poulets avec leurs mangeoires mécanisées




L’homme derrière le producteur.

Homme d’affaires depuis 15 ans avec l’acquisition de la ferme, Sylvain était un agronome de carrière. Une  journée dans la vie de l’éleveur de poulets est sans routine. Il est le capitaine d’un navire avec 10 matelots à son bord et son objectif est de garder le cap! Les défis sont nombreux allant de la gestion financière à la mise en marché en passant par les soins des animaux.

Ses recommandations pour la relève sont avant tout d’être passionné, d’aimer travailler, d’avoir une solide formation académique, de s’entourer de bonnes personnes positives et compétentes et surtout d’être patient! Sylvain prépare déjà sa relève avec son fils Samuel en l’intégrant dans l’entreprise. Il lui transmet son amour du métier, sa motivation et son savoir-faire nécessaire pour assurer la continuité de l’entreprise.

Sylvain et son fils Samuel


Finalement, je ne pourrais pas terminer mon résumé sur Sylvain Bertrand sans ajouter qu’il est aussi le mari de la présidente du MSRO, Suzanne Laplante. ( Ça me brûlait les doigts d’écrire ce potin…cela doit être mon petit côté féminin ;)) !




En conclusion


J’ai vécu un moment incroyable entouré des poussins! Pour faire bouger les choses dans l’industrie alimentaire industrielle et en tant que consommateurs, nous avons le choix de dire non à cette machine antipathique qui pense seulement à la productivité et à faire des profits. Certains producteurs se retrouvent coincés dans cette spirale et se réveillent un matin et en réalisant que leur ferme est maintenant devenue une machine à produire de la viande... Je suis revenue 100 % satisfaite de ma visite à la ferme Aux Saveurs des Monts et je me dois de propager haut et fort que les poulets chez SDM sont très bien traités et que c'est pour cela que les poules à Sylvain sont autant savoureuses ! 

Cynthia, qui a été à la ferme :)





Pour commander les produits de la Ferme Aux Saveurs des Monts dans le confort de votre foyer, je vous invite à devenir membre du MSRO (Marché de solidarité régionale de l’Outaouais) via la www.marcheoutaouais.com.

Pour toutes questions concernant le MSRO, n’hésitez pas à m’envoyer un courriel à marche.régional@gmail.com .






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